Florence Mugny | Langue maternelle
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Langue maternelle

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Langue maternelle

On retient habituellement de la fête de la Pentecôte la descente de l’Esprit-Saint sur les apôtres, cet Esprit promis par le Christ pour nous accompagner. Le premier effet de cet Esprit-Saint est que les apôtres deviennent compréhensibles pour toutes les nations présentes, tous les comprennent dans leur propre langue, leur langue maternelle.

« Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte, sa langue maternelle ? » Actes 2, 8

Ce que je souhaite relever de cet événement n’est pas tant le don des langues des apôtres mais cette révélation que l’Esprit-Saint parle à chacun sa langue maternelle. Oui même si nous croyons au même Christ, au même Dieu(1) que ce soit celui des chrétiens ou un autre, il parle à chacun tout particulièrement dans sa langue maternelle. Cela veut dire que nous sommes uniques et que Dieu se manifeste de façon unique comme un père, une mère a une relation unique avec chacun de ses enfants.

Alors il ne s’agit pas de chercher Dieu là où il n’est pas mais de découvrir comment il vient nous rejoindre et parler notre propre dialecte dans notre culture, croyance et sensibilité. Il n’y a pas un chemin qui mène à Dieu mais autant de chemins venant de Dieu vers chaque être humain.
C’est à l’image d’un amour filial qu’il nous parle comme une mère, la langue maternelle faisant référence à la toute petite enfance, cette langue qui nous fait advenir. Elle exprime cette relation entre nous et Dieu, dont les enfants sont si proches, et que nous avons tôt fait d’oublier en grandissant. Même si nous ne l’avons pas oubliée, cette langue manifestée dans notre rapport à Dieu se modifie au cours de notre existence, comme la relation avec les parents se transforme aussi dans le temps.

Notre tâche est non pas de chercher à entrer en relation avec Dieu de la même manière que son voisin, son frère ou tout autre personne, mais de découvrir comment et à travers quoi Dieu nous parle et nous fait vibrer. Car c’est ainsi qu’il nous fait sentir sa présence en nous, lorsqu’on vibre pour quelque chose, là est la présence. Ce peut être par le biais de la nature, de la musique, de l’art, de la Bible, d’un sacrement, d’une célébration, de la prière, de la méditation, des anges… peu importent les canaux, Dieu peut se dire à travers tout ce qui vient toucher notre cœur.

Alors ne nous tournons pas vers l’extérieur mais soyons attentifs, écoutons comment Dieu cherche à entrer en relation avec nous personnellement, intimement. Et ce n’est pas pour autant que nous devenons individualistes. Au contraire, plus nous découvrons et entretenons ce lien de tendresse maternelle, ce Dieu qui vient à notre rencontre, plus nous nous émerveillons et enrichissons de tous ces liens si différents qui nous relient à Dieu et aux autres.

 
1. Deux précisions : 1) J’utilise le terme de Dieu pour simplifier mais il recouvre tout ce qui est plus grand que nous et je ne prétends ni le connaître ni le définir. 2) Quand je dis que Dieu nous parle, il ne s’agit pas d’entendre des voix mais la manière dont il se manifeste dans notre humanité.