Florence Mugny | De la prière encore…
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De la prière encore…

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De la prière encore…

Pourquoi cherchons-nous à savoir comment prier ? Même les disciples de Jésus, intrigués de le voir régulièrement se mettre à l’écart pour prier, le lui demandent :

« Seigneur, apprends-nous à prier » Luc 11, 1

comme s’il y avait un savoir, une compétence à apprendre, un bien prier et un mal prier, une prière efficace et une autre inefficace.

Le mot prière tient son étymologie du latin precaria et le mot précaire vient de precarius qui signifie « obtenu par la prière ». Si dans toutes les civilisations l’homme, depuis qu’il existe, prie, c’est qu’il reconnaît sa précarité, sa pauvreté, son impuissance. Il s’adresse à plus grand que lui. Sacrifices, holocaustes, le plus précieux est offert aux dieux afin d’obtenir leur grâce.

Pourtant dans le Premier Testament de la Bible déjà on découvre un Dieu qui ne veut pas de sacrifice ou d’holocauste, entre autres cette parole :

« Si j’offre un sacrifice, tu n’en veux pas, tu n’acceptes pas d’holocauste. Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ; tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé ». Psaume 50, 18-19

Il ne faut bien sûr pas entendre cela comme la parole d’un Dieu sadique qui prendrait plaisir à nous voir anéantis, mais plus précisément un anéantissement de notre volonté propre, de notre toute puissance. Car c’est alors que nous prenons conscience de notre pauvreté, de notre indigence, que nous laissons une place, un espace en nous où quelque chose d’autre peut advenir.

« Un pauvre crie ; le Seigneur entend : il le sauve de toutes ses angoisses. » Psaume 33, 7

Lorsque Jésus répond à ses disciples

« quand vous priez, dites : Père… » Luc 11, 2

ce n’est rien d’autre que de se reconnaître fille, fils, se situer comme un enfant dans l’émerveillement, la confiance, la dépendance, le cœur ouvert.
On l’a compris, il n’y a pas de prière efficace. La prière est une attitude qui peut nous transformer de l’intérieur, lorsque nos manques se laissent dévoiler et que nous nous mettons dans cet état de précarité dans lequel nous attendons tout de notre Père, c’est ainsi que sa Parole pourra faire son œuvre en nous.

Nous pouvons donc prier aussi bien comme un mendiant gémissant et désespéré que comme un enfant confiant et joyeux…