Florence Mugny | Le souci
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Le souci

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Le souci

Le souci est l’anticipation d’un futur sombre placé dans l’imaginaire. Il peut se manifester par un manque de confiance dans les ressources de l’autre ou de soi-même et d’une manière plus générale dans un manque de confiance dans la vie. 

Si parfois le souci se justifie, la plupart du temps il s’avère inutile, mobilisant les pensées et beaucoup d’énergie,

« Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie? » Luc 12, 25.

A maintes reprises le souci se transforme en angoisse, en malaise physique (palpitations, boule au ventre…) car si bien alimenté par le mental, le petit moulin qui se met en route nous entraîne vers les pires scénarios.

Nous pouvons nous interroger si le souci et l’inquiétude ne nous donnent-ils pas l’illusion d’un pouvoir au sein de l’impuissance. Dans nombre de situations, la seule chose encore possible de faire c’est justement se faire du souci, la seule acceptable aussi. Ne pas se faire de souci pourrait être mal vu et pris pour de l’inconscience, de la naïveté, du déni, voire du « je-m’en-foutisme » ou de l’indifférence. Nous avons donc toutes les meilleures raisons de nous faire du souci et la bienséance le cautionne.

En plus de l’inconfort ou du mal-être, il résulte que le souci nous coupe de l’instant présent et de nous-mêmes. Tout notre être est orienté vers, vers un futur, vers une situation, vers une personne. Le moment présent ne peut être vécu pleinement et sereinement.

Mais se faire du souci est un penchant facile, assez naturel et combien humain. Le Christ qui connaît si bien notre nature humaine nous exhorte moult fois à avoir confiance et à ne pas avoir peur. 

Pour beaucoup d’entre nous, ne pas se laisser envahir par des pensées morbides ou mortifères relève donc d’un effort, d’un entraînement, d’une musculation de l’esprit ou d’un ancrage :

« …que se fortifie en vous l’homme intérieur… » Ep 3, 16. 

Le premier pas serait de repérer ces pensées noires envahissantes, car elles arrivent tantôt subrepticement sans que nous nous en apercevions, tantôt c’est un événement qui les fait surgir. C’est habituellement quand nous en sommes déjà submergés que nous en constatons les ravages.

Le deuxième pas serait, à un moment donné, la prise de décision de ne pas écouter ces pensées et de dire stop. Se recentrer sur la confiance première qui est en nous

« …enracinés et fondés dans l’amour… » Ep 3, 17

pour que nous puissions être « toujours joyeux » 1 Th 5, 16

Mon expérience m’a démontré que la plupart du temps les choses se passaient bien mieux que ce que j’avais anticipé et que les épisodes difficiles ou douloureux surgissent sans crier gare. À ce moment il est bien assez tôt pour y penser et faire face.