Florence Mugny | Péché et toute-puissance
Péché. Prendre la place de Dieu, désir de toute-puissance, se couper de la relation à l'autre, au Tout-Autre. Autosuffisance.
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A propos du péché

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A propos du péché

Mot devenu presque imprononçable, il est chargé d’une histoire qui a engendré tant de culpabilité qu’on ne sait aujourd’hui comment l’aborder sans déclencher une muraille de résistance et de répulsion.

Mortifère, il a été asséné pour brimer, mettre sous le joug d’un pouvoir ecclésial. Mal compris, galvaudé, utilisé à des fins de pouvoir et d’écrasement. Comment lui trouver un sens positif ou lui redonner ses lettres de noblesse favorisant la croissance au lieu de la soumission, et de l’anéantissement ?

Dans la Genèse il n’est nul part mentionné le terme de « péché originel ». Si l’on simplifie, ce qui se joue au jardin d’Eden c’est l’histoire du désir de toute-puissance de l’homme, le désir de devenir Dieu, le désir de prendre sa place. En ce sens on pourrait dire que c’est cela l’origine du mal car l’homme ne peut pas créer la vie de lui-même, il la reçoit.

Depuis que le monde est, le désir de toute-puissance est omniprésent, exprimé ou masqué il est cause de souffrances. Contrairement à certaines idées reçues, la toute-puissance ne concerne pas seulement ceux qui ont du pouvoir mais tout un chacun. Le désir de contrôler, le refus de la limite, le sentiment de supériorité comme celui d’infériorité par exemple, relèvent de la toute-puissance.

Le péché serait donc de se prendre pour Dieu, avec une autosuffisance que Dieu lui-même refuse. Dans le récit de la création, au 7ème jour Dieu se retire et le monde devient autonome, il laisse alors le soin à l’homme de parachever la création dans une co-création, l’invitant au respect de toute vie puisqu’elle est don de Dieu. Dans une totale liberté, nous pouvons Le reconnaître ou Le renier, Le considérer comme étant l’origine de tout ou croire au hasard.

Il y a cependant une distinction à faire entre « le péché », ci-dessus mentionné, et « les péchés ». Ces derniers seraient tous ces actes manqués, comme « manquer la cible », qu’une des traductions des péchés dans la Bible illustre parfaitement. Désir de faire le bien et pourtant ne pas y parvenir. Saint Paul comme tout homme y a été confronté et l’exprime dans sa lettre aux Romains 7, 18-20 :

« … j’ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien. Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. »

Là encore il s’agit de reconnaître notre impuissance et nos limites avec une vraie humilité et de laisser Dieu agir en nous et de faire toute chose avec Lui.

Si la notion de péché ou de faute n’existait pas il n’y aurait aucun frein à la suffisance et à l’orgueil de l’homme. Nos limites et nos manquements sont là pour nous montrer que nous ne sommes pas meilleurs que les autres. Si nous posons un regard lucide sur nous-mêmes, nous pouvons reconnaître que nous avons tous des pensées de meurtre un jour ou l’autre. Le passage à l’acte, lui, nécessite des circonstances particulières. Le péché peut ainsi être envisagé comme positif, non pour écraser et culpabiliser l’homme mais comme facteur de croissance et d’humilité qui conduit à une reconnaissance de l’autre comme frère en humanité. La liberté de l’homme s’exerce dans cette prise de conscience.

Florence Mugny 078 632 26 17

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