Florence Mugny | La blessure et la haine
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La blessure et la haine

Version 2

La blessure et la haine

Quand on est chrétien il n’y a pas de place pour la haine, on doit pardonner !

Cette croyance a fait et fait encore beaucoup de mal. Cet interdit de la haine nous coupe de nos émotions, Dieu nous a créés avec toutes nos émotions, il n’y en a pas de bonnes ou de mauvaises, il y en a de plus confortables que d’autres, il est plus agréable d’être joyeux et paisible que triste et en colère. Pourtant, tout cela est ce qui fait que nous sommes vivants. Si la joie ne nous pose pas trop de problème dans son expression, la colère ou la haine sont plus difficiles à vivre. Il y a des personnes qui ne peuvent exprimer leur colère et parfois même ne s’autorisent même pas à la ressentir tant elles sont coupées d’une partie d’elles-mêmes. Morcelés, nous sommes appelés à nous unifier pour vivre notre humanité en plénitude, une humanité aimée et totalement vécue par le Christ.

La haine fait peur et à raison car elle engendre le plus souvent vengeance et violence. C’est pourquoi il est utile de distinguer le ressenti de la haine et le passage à l’acte.

En premier lieu nous pouvons reconnaître ce qui est blessé en nous et ce que cela touche et nous fait vivre. Surtout ne pas commencer par se dire qu’on ne devrait pas éprouver cela et qu’il faut pardonner car c’est sur ce point que l’on va manquer une étape. Pour que le pardon soit vrai, on ne peut pas faire l’économie de ressentir la blessure, le tort subi et la colère ou la haine qui en découlent. Ce n’est que dans un deuxième temps que le désir de pardonner peut apparaître et c’est souvent un long chemin qui peut sembler parfois impossible humainement, du domaine de la grâce.

Déposer toutes ces émotions sous le regard bienveillant de Dieu qui nous aime même lorsque nous haïssons car, mieux que personne il connaît notre douleur. Nous pouvons utiliser sa Parole pour nous soulager, les psaumes ne censurent aucune émotion, la haine et la colère y ont leur place, même si cela nous choque.

 « Je les hais d’une parfaite haine; ils sont pour moi des ennemis. » Psaume 139, 22

Dire notre haine et notre colère à Dieu à travers les psaumes, c’est la remette entre ses mains pour qu’il la transforme, ce n’est plus notre affaire.

Ce ne sont pas la haine ou la colère qui sont à proscrire mais la violence et l’entretien du ressentiment, c’est cela qui fait du mal aux autres et à nous-mêmes.

Nous accueillir tels que nous sommes avec nos côtés les plus sombres et ce que nous portons de plus lumineux, chemin d’unification.

Voilà le programme… et c’est chaque jour que je me remets à l’ouvrage.