Florence Mugny | L’équilibre
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L’équilibre

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L’équilibre

Qui ne recherche pas l’équilibre, la stabilité, comme s’il s’agissait d’un but en soi et qu’une fois trouvé tout irait bien ? De même que ce fameux bonheur que nous pourrions obtenir une fois pour toutes.
Parmi les définitions de l’équilibre nous trouvons par exemple : juste disposition entre des choses opposées, situation stable.
Si nous regardons la nature, dont nous sommes issus, il s’agit en effet d’un perpétuel ajustement aux divers mouvements de la vie sous forme d’alternances et d’interactions continues mais dont la stabilité demeure précaire.

« Il y a un temps pour tout et un moment pour toute chose sous le ciel. Il y a un temps pour enfanter et un temps pour mourir… un temps pour démolir et un temps pour construire, un temps pour pleurer et un temps pour rire, un temps pour se lamenter et un temps pour danser… un temps pour chercher et un temps pour perdre… un temps pour se taire et un temps pour parler… un temps pour la guerre et un temps pour la paix… » Ecclésiaste 3, 1-8

Et jusque dans la mort les transformations se poursuivent.

La marche illustre bien ce dynamisme car, entre chaque pas, il y a un déséquilibre ; et c’est précisément ce dernier qui nous permet d’avancer. Ainsi, dans une situation d’équilibre parfait nous serions condamnés à l’immobilité.
C’est pourquoi l’équilibre est le fruit d’un mouvement permanent, celui de la Vie, dont le risque de chute fait pleinement partie.

Une autre définition de l’équilibre, plus psychologique celle-ci est l’harmonie psychique qui caractérise un comportement normal.
Par harmonie nous entendons l’accord subtil entre des éléments très divers qui s’accordent entre eux. De sorte que l’harmonie psychique ne serait autre qu’un juste rapport entre passions et raison pour lequel il n’y aurait pas de norme puisque chacun est unique et doit trouver sa propre mesure.

Ainsi la recherche d’équilibre est un élan vital qui cependant peut se révéler profondément délétère, lorsqu’il y a une croyance en un type d’équilibre qui serait parfaitement normé, absolu. Il revient à chacun de développer son propre sens de l’équilibre afin de tendre au plus près de ce que cela signifie pour lui.

Alors croire que nous allons trouver l’équilibre parfait, immuable, puis nous reposer sur le plateau de la balance est, en effet, un leurre. Tantôt funambules, tantôt marcheurs, tantôt assis au bord du chemin avant de reprendre la route, la vie est cette quête quotidienne de stabilité que nous n’atteignons jamais complètement. Et c’est particulièrement lorsque nous avons la sensation de basculer dans le vide que le désir d’équilibre se fait plus pressant.