Florence Mugny | Cultiver la joie
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Cultiver la joie

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Cultiver la joie

Dans notre société, il y a une culture de la tristesse, de la désespérance, du catastrophisme, de la peur, de la plainte, et être joyeux est perçu comme quelque chose d’insultant, de choquant voire d’irresponsable ou de naïf.

Oui, il faut vraiment prendre conscience de tout ce qui va mal pour que les choses puissent changer. Pourtant, s’il y a de plus en plus d’actions en faveur de la préservation de notre monde, beaucoup baissent les bras ou ferment les yeux dans le découragement.

Dans un tel contexte, cultiver la joie est subversif. Il n’est pas question d’être dans le déni ou dans un aveuglement béa mais il me semble que la tristesse et le désespoir en rajoutent encore une couche, une couche émotionnelle négative, qui pollue autant que les gaz à effet de serre, les ondes électromagnétiques et j’en passe.

À l’heure de la permaculture et de la culture bio, je me permets de faire la promotion de la culture de la joie. La joie c’est aussi une petite graine que nous portons tous en nous et dont nous pouvons prendre soin ou la délaisser. Si nous ne l’arrosons pas, ne la nourrissons pas, elle s’atrophie à l’intérieur de nous et nous ne savons même plus qu’elle est là.

Alors que nous nous approchons des fêtes de Noël, j’entends de plus en plus de personnes d’une part, se plaindre que les décorations de Noël sont déjà en place dès le mois d’octobre et d’autre part appréhender ces fêtes qui parfois ravivent des blessures, le souvenir des personnes désormais absentes, les tensions ou crises familiales, la solitude aussi.
Plutôt que de s’affliger de tout cela et ainsi amplifier la désespérance du monde, nous pourrions nous réjouir de toutes ces lumières, de toutes ces attentions que nous portons aux autres dans le choix des cadeaux, de la beauté du partage et nous réjouir tout simplement d’être vivants.

Nous sommes nombreux à véhiculer l’image d’un Dieu très sérieux et grave et il est difficile de se l’imaginer joyeux, pourtant beaucoup de passages bibliques font état d’un Dieu qui se réjouit de notre joie :

«… Il exultera pour toi de joie… » Sophonie 3, 17.

Comme une mère, un père se réjouit de la joie de ses enfants. Ou encore :

« Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite » Jean 15, 11

Aujourd’hui, la culture de la joie est tout autant une question de survie que la culture bio et la préservation de notre environnement. Elle est aussi une façon de résister et le moteur de nos actions positives. À quoi servirait un monde pour un peuple désenchanté ?

Alors si les décorations de Noël sont déjà là en octobre, je peux vous souhaiter Joyeux Noël en novembre !